Comment devient-on « Expert en Thé » ?


L’alphabet du thé aromatisé

Comme un écrivain qui doit maîtriser l’alphabet, la syntaxe et la grammaire, quelles sont les connaissances que doit posséder un Auteur… de thé?

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Son Alphabet sera la connaissance des thés et des arômes. Sa syntaxe portera sur un domaine lié aux plantes et aux ingrédients qui contribueront au visuel du thé. Sa Grammaire sera sa créativité propre, liée à sa personnalité et son expérience.

L’Alphabet des thés commence par la sélection de la base qui sera le support le plus adapté au produit recherché. Cette base est le point de départ. Elle peut être constituée d’un seul thé ou de plusieurs. Elle aura un goût et une expression propres qui interfèreront obligatoirement avec les arômes ou les ingrédients rajoutés. Ils devront se compléter et cohabiter harmonieusement. Il faut, dans son travail de recherche, tenir compte de la personnalité de cette base.

L’Alphabet des arômes pourrait être comparé au répertoire des couleurs que l’on trouve dans l’imprimerie : le Pantone. Par ex : dans les bleu, il y a les plus foncé (bleu de Prusse, bleu roi, ou le bleu marine), les plus clairs (le bleu ciel, le bleu lavande) mais aussi des bleu turquoise, des bleu pervenche etc.

Comme il y a des dizaines de possibilités de nuances de couleurs dans un même teinte-mère, il y a des dizaine de possibilités par arôme-mère. Par ex : Un arôme bergamote peut être plutôt dans la direction d’un citron ou d’une orange ou plutôt de fleur d’oranger, Pour une cerise, on peut aller dans une note plus ou moins noyau, Dans une noix, on peut rechercher le côté « rapeux » de la noix, ou plutôt la note toasté de la macadamia, Dans une fraise, on peut avoir besoin de la note fraise des bois ou privilégier la note noix de coco présente dans certaines variétés de fraises etc…

C’est au Teablender de savoir évaluer et choisir la caractéristique d’un arôme dans le « pantone » des arômes–mère, celui qui s’accordera le mieux pour aboutir à la création demandée. Mais, comme dans un thé aromatisé, il y a généralement plusieurs arômes, le créateur doit non seulement savoir choisir les spécificités de chacun des arômes mais, ensuite, trouver le bon dosage de chacun, pour que tous ensemble, ils contribuent à l’équilibre et l’harmonie en une tasse savoureuse. C’est un peu comme dans un orchestre, où l’on ne distingue pas toujours tous les instruments, mais l’ensemble de tous font que la musique est belle et agréable.

La Syntaxe : sera la connaissance de tous les ingrédients que l’on peut rajouter au thé et comment on peut les « combiner » ensemble. Que cela soit des fleurs (comme des fleurs de souci ou des pétales de rose), des épices (graines de cardamome ou cannelle), des ingrédients de pâtisserie (pépite de chocolat ou sucre de couleur), des fruits déshydratés (morceaux de papaye ou de fraise), tous ces ingrédients, mélangés ensemble ne sont pas toujours neutres de goût. Il convient, là aussi, de savoir les choisir, les adapter, en gardant en tête leur compatibilité avec les contraintes de production, pour que leur goût et leur visuel complètent le « tableau » final du thé. Comme un peintre, on peint le thé, mais pas de manière anarchique. Connaître aussi les moments de production des plantes « qui pousse où et à quel moment ? » permettra de planifier les achats et de sécuriser la fabrication du nouveau mélange sur du long terme.

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La Grammaire sera la créativité de l’Auteur de thé, sa manière à lui de « mettre en musique », de lier les différents éléments entre eux, car vous l’aurez compris, c’est un vrai travail de chef d’orchestre ! La créativité est l’impalpable qui fait la personnalité, l’art et la spécificité propre d’un tea blender. Elle est liée à sa personnalité, son expérience, son histoire.

En parallèle des connaissances intellectuelles, l’expert doit éduquer son palais et garder en mémoire les spécificités de chaque thé, chaque ingrédient. Il doit faire et cultiver sa propre bibliothèque intérieure. Cette éducation n’est jamais acquise, jamais définitive. Nous savons tous que notre palais est fragile, inconstant et variable. La modestie s’impose.

« Le thé est un parfum qui se boit » disait l’écrivain et poète américaine Nathalie Barnet. Mais, contrairement au monde de la parfumerie, où les « Nez » ont une grande reconnaissance, les créateurs de thé aromatisés sont peu estimés. Peut-être que pour les entreprises avoir une signature propre et spécifique de leurs thés aromatisés ne fait pas partie intégrante de la stratégie d’entreprise, du marketing et de leur image. Qui, à part Monsieur Grey et son thé à la bergamote, peut nommer un seul créateur de thé aromatisé ? Mais là encore, qui a vraiment fait le thé à la bergamote ? Monsieur Grey ?

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