Takura, un thé fumé du Népal


Je n’ai jamais encore écrit sur les thés fumés.

Sûrement, parce que l’expertise de ce genre de thé est complètement différente de celle des autres thés. On ne recherche et travaille que sur l’expression fumée, note qui, généralement, masque les nuances aromatiques de la base de thé utilisée.

Ce sont les différences d’expression du fumé (et un peu  des aspects secs) qui sont étudiés : plus ou moins présents, plus ou moins tenus, plus ou moins enveloppants, longs en bouche…

Le thé fumé n’est pas l’unique privilège de la Chine ou de Taïwan. On pourrait trouver du thé fumé dans tous les pays producteurs, à partir du moment où les usines ont le matériel  et la connaissance nécessaires pour le fabriquer. J’en ai d’ailleurs goûté de très bons à Ceylan.

Mais ces deux pays ont fait du thé fumé une de leurs références traditionnelles, alors qu’ailleurs, c’est un produit fabriqué à la demande.

Ainsi, si un importateur souhaite avoir un thé fumé d’un pays particulier, il doit trouver le jardin qui possède le matériel de production, la connaissance du process de fabrication et avoir le volume de commande suffisant pour mettre en œuvre une fabrication spéciale, alors celui-ci pourra proposer sur le marché un thé fumé nouveau.

Je dois aussi avouer que le thé fumé n’est pas ma tasse de thé. Pourtant, j’ai été aujourd’hui séduite par ce thé fumé du Népal. C’était la première fois que j’en  goutais. Il s’appelle Takura.

Le Takura fait partie de ces thés fabriqués à la demande, donc peu de chance de le trouver chez votre revendeur habituel !

Il est fumé avec un bois local, le « sal » et dont le nom botanique est shorea robusta.

C’est une variété de bois commune aux pays Himalayens, Birmanie et Bangladesh. Il est utilisé en menuiserie. Sa résine sert d’encens dans des cérémonies hindoues dédiées à Vishnou. Avec ses graines, on fait de l’huile végétale utilisée dans la vie de tous les jours ainsi que dans certaines préparations en médecine ayurvédique.

La première observation en regardant le Takura est de voir que les feuilles utilisées sont fines, d’assez grandes tailles, de couleur brun fauve parsemées de tips. Elles ne sont pas de qualité souchong.

Ce grade va influencer la liqueur, qui, je le pressens, sera assez raffinée. L’odeur de fumé est bien présente et s’exprime de manière délicate. Pas de note hydrocarbure.

Népal-fumé-Aspect-sec

La liqueur est très intéressante car une pointe vive, un peu verte, transparait au milieu de la note fumée.  Cette luminosité confirme l’altitude où le thé a poussé. Bonne longueur et épaisseur en bouche qui s’exprime en finesse. Couleur de la tasse  brun-cuivré.

Népal-fumé-liqueur

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